CONSEIL MUNICIPAL DU 15 JUIN 2020: NOS QUESTIONS
- Saint-Maurice En commun
- 27 août 2020
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 avr. 2021
Lors de chaque Conseil, nous pouvons poser des questions libres. Retour sur les trois questions posées le 15 juin.

Nous avons posé les questions suivantes au Conseil municipal. Les réponses sont insatisfaisantes et témoignent, une fois encore, d'une gestion datée et paternaliste et d'un refus de se questionner et d'innover.
La première question était une question "à chaud" sur la gestion des ressources humaines de la Ville pendant la crise, notamment dans les secteurs fortement impactés comme le secteur de l’enfance (crèches, périscolaire, cantines, etc.)
Nous avons demandé quelle solution a été proposée aux animateur.rice.s vacataires : y a-t-il eu un
maintien de salaire et sur quelle base (salaire habituel, salaire du mois précédent, etc.) ? La réponse est positive, mais après échange avec les concerné.e.s, il apparaît que la plupart n'étaient pas au courant de ce maintien, ce qui a pu générer du stress durant la période. Les montants ont été calculés sur les 12 derniers mois ce qui a également pu créer certaines difficultés.
Nous avons également voulu vérifier s'il y a eu des obligations de prendre des congés et quels personnels ont été concernés ? La réponse n'a pas été claire, mais la possibilité légale de demander a minima 10 jours de congés sur la période a été mobilisée.
Enfin, pour le personnel ayant travaillé avec les enfants durant le confinement, nous n'avons pas réussi à obtenir des informations très précises sur la prime versée et reposerons cette question à la rentrée de manière plus générale.
Nous avons profité de cette question pour réaffirmer notre opposition au statut de vacataire pour le personnel périscolaire. Cela crée une précarité importante et empêche par ailleurs de déployer une véritable politique de formation, de fidélisation, de professionnalisation, etc.
Une invitation à déclarer la solidarité de la Ville de Saint Maurice avec les soignant.e.s mobilisé.e.s
Nous avons demandé, avec un peu de malice, s'il était prévu une participation des élu.e.s du conseil municipal à la mobilisation du 16 juin pour défendre les salaires et les conditions de travail des soignant.e.s ? Nous avons invité le maire et les adjoint.e.s à manifester leur solidarité à cette occasion, notamment avec les personnels des hôpitaux de Saint Maurice. Bien entendu, le maire et les adjoint.e.s n'iront pas manifester (nous, si). Dans le contexte de dénonciation du racisme et des violences policières, quel est le positionnement de la commune ? Nous avons voulu savoir s'il existait une politique municipale de lutte contre le racisme et les discriminations ? ( par ex: le personnel municipal bénéficie-t-il de formations visant à réduire les comportements potentiellement racistes -notamment les élu.e.s et personnels du CCAS, la police municipale, le personnel des écoles, etc. ? Existe-t-il des mécanismes de contrôle interne visant à détecter de potentielles discriminations, par exemple dans l’attribution des aides, des bourses, etc.?)
La réponse du maire est l'illustration même d'un antiracisme moral totalement daté: "il n'y a jamais eu de cas de racisme de la part d'agents municipaux. Si tel était le cas, je prendrais personnellement en main la question". Circulez, rien à voir. Alors que le racisme est un process social et politique qui nécessite un questionnement permanent des pratiques, sans quoi il s'installe dans les routines, sans bien-sûr dire son nom, et sans que personne ne s'en rende compte.
Nous avons également demandé s'il existait des actions éducatives en direction des enfants ou des adolescents pour éduquer à l’antiracisme ? Eh bien pas vraiment. Ou bien ce n'est pas formalisé. bref, c'est un peu flou. Sur le volet des violences policières nous avons demandé: pourquoi la police municipale de St Maurice est-elle armée ? Eh bien cela date de la "période des attentats". C'est pour protéger les agent.e.s bien-sûr, qui risquent d'être des cibles, parce que policier.e.s. Vous savez ce que nous en pensons: il est totalement hors de propos d'armer des agent.e.s dont le rôle est la prévention et la médiation. C'est contre-productif: le fait d’être armé crée un rapport différent avec la population et nuit au positionnement de la police municipale comme une véritable police de proximité, à l’écoute des habitant.e.s. Et puis dans le travail social, le journalisme, les écoles, les personnels ne sont pas armés, alors qu'ils sont également des cibles, plus peut-être que la police! Nous pourrons y revenir en détail dans de prochaines publications. Nous avons terminé par une nouvelle question-malice (ma spécialité): peut-on imaginer un voeu pour affirmer le soutien de St Maurice aux familles des victimes de violences policières qui se mobilisent actuellement fortement pour l’exigence de vérité et de justice, et qui contribuent ainsi à faire pression sur l’institution policière et judiciaire pour plus d’exemplarité ? Dans le contexte d’un mouvement mondial contre le racisme et les violences policières, il paraît important de se positionner en tant que maire comme garant des valeurs républicaines! Pas de réponse, si ce n'est un soutien aux policiers, qui doivent souffrir de toutes ces mises en cause. Dernière question, que l'on pensait plus consensuelle: pourquoi la commune refuse-t-elle l’usage de modes d’écritures plus inclusifs ? En effet, il est frappant de voir l’absence totale de féminisation de la langue, à la fois dans les documents administratifs (notes de synthèses transmises pour le conseil par exemple : on parle de Mme le maire de Paris), dans les discours (aucune féminisation de citoyens, Mauritiens, adjoints, colistiers, etc. lors du discours de M. le Maire au précédent conseil municipal), dans la communication publique (St Maurice info, site internet). La féminisation de la langue permet aux femmes de se sentir concernées et de ne pas les invisibiliser. Elle permet aussi de contribuer à l’éducation à l’égalité. La langue administrative et publique utilisée par la Ville de St Maurice est particulièrement datée sur ces aspects. Il existe de nombreux guides pour une communication plus inclusive (notamment Documentation Française, très bien fait). Nous avons donc demandé si le maire pensait faire évoluer les choses prochainement, avec l'aide de l'administration.
adjointe chargée de la citoyenneté, de la médiation, de la lutte contre les violences faites aux femmes, contre l'écriture inclusive. Alors même qu'il s'agissait juste de féminiser quelques noms, de s'exprimer de temps en temps au féminin, etc. Nous n'aurions même pas osé leur demander d'utiliser l'écriture inclusive! C'est pourtant sur ce terrain que l'on nous répond, avec des arguments maintes fois démontés par les collectifs féministes. Article à venir sur le sujet!
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